Le Ballon d’Or a changé d’adresse. Pour la première fois depuis sa création, la cérémonie qui couronne les meilleurs footballeurs et footballeuses de l’année ne s’est pas tenue à Paris mais au London Palladium, où Harry Kane et Alexia Putellas ont été sacrés lundi soir. Un double symbole, puisque l’attaquant anglais devient le premier joueur de son pays à soulever le trophée depuis vingt-cinq ans.
Depuis 1956, la remise du Ballon d’Or était presque toujours associée à la capitale française, siège historique du magazine France Football qui organise la distinction. Cette édition rompt avec la tradition en posant ses valises à Londres, une décision présentée par les organisateurs comme une volonté d’internationaliser l’événement et de coller à l’actualité du football anglais, particulièrement dense cette saison. Plusieurs observateurs y voient aussi un geste commercial, la Premier League pesant de plus en plus lourd dans l’économie du sport mondial.
Buteur du Bayern Munich, Harry Kane devance au classement final Kylian Mbappé et Lamine Yamal. Il repart également avec le trophée Gerd Müller, récompensant le meilleur buteur de la période, une double distinction rare qui souligne une saison hors norme. Il faut remonter vingt-cinq ans en arrière pour retrouver un Anglais sur la plus haute marche du classement individuel le plus suivi du football mondial, preuve que la hiérarchie habituelle, dominée par les joueurs espagnols et français, a cette fois basculé.
Le palmarès complet de la soirée confirme la place centrale du football anglais et espagnol dans cette édition :
La consécration du Paris Saint-Germain comme club de l’année, alors même que la cérémonie se tenait loin de ses terres, illustre à quel point le rayonnement d’un club ne dépend plus du lieu de la remise des prix.
Chez les femmes, la Catalane Alexia Putellas décroche un troisième Ballon d’Or, devançant la Polonaise Ewa Pajor et la Jamaïcaine Khadija Shaw. Elle égale ainsi le record de distinctions individuelles déjà détenu par quelques-unes des plus grandes joueuses de l’histoire du football féminin, un exploit d’autant plus remarquable qu’elle a dû composer, ces dernières saisons, avec plusieurs blessures longues qui avaient fait douter de son retour au sommet.
Cette édition confirme aussi une tendance de fond : la part grandissante de l’argent et des droits télévisés dans la hiérarchie du football, un sujet que nous avions détaillé à propos de la flambée des dotations dans le sport professionnel. Le football n’échappe pas à cette logique, portée par des diffuseurs toujours plus présents dans le monde des affaires du sport.
À l’inverse, certains clubs historiques rappellent que la gloire sportive reste fragile : le feuilleton judiciaire des Girondins de Bordeaux montre qu’un passé glorieux ne protège pas toujours des turbulences financières.
Les organisateurs ont choisi Londres pour la première fois dans l’histoire de la distinction, une décision justifiée par la volonté d’internationaliser l’événement et de refléter le poids croissant du football anglais.
Harry Kane a été sacré chez les hommes, devant Kylian Mbappé et Lamine Yamal. Chez les femmes, Alexia Putellas a décroché son troisième Ballon d’Or, devant Ewa Pajor et Khadija Shaw.
La soirée a aussi distingué Lamine Yamal et Vicky López (trophée Kopa), Unai Simón et Cata Coll (trophée Yachine), ainsi que Bukayo Saka pour le prix Socrates récompensant l’engagement social d’un joueur.
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