À la rentrée 2026, environ 150 000 lycéens franciliens entrant en classe de Seconde découvrent un nouvel outil de travail : un Chromebook Asus CM14 fourni gratuitement par la Région Île-de-France. Une machine différente de celle distribuée jusqu’ici, qui s’inscrit dans un mouvement plus large de bascule vers le cloud dans l’équipement scolaire.
Jusqu’à présent, les lycéens franciliens recevaient un PC Y13 Unowhy sous Windows. Pour les nouveaux arrivants en Seconde, la Région bascule sur un Chromebook sous ChromeOS, le système d’exploitation de Google : un processeur MediaTek, 8 Go de RAM, une machine légère pensée pour fonctionner surtout en ligne plutôt que pour stocker des logiciels lourds en local. Les élèves de Première et de Terminale, eux, conservent leur PC Windows jusqu’à la fin de leur scolarité : la transition se fait progressivement, classe par classe.
Concrètement, la demande se fait depuis l’application mise à disposition par la Région : elle génère un QR code individuel, à présenter lors d’une opération de distribution organisée directement dans l’établissement. Microsoft 365, largement utilisé par les enseignants, reste accessible depuis le navigateur du Chromebook, sans installation.
Ce choix intervient alors que la souveraineté numérique est devenue un sujet de préoccupation croissant pour les entreprises et les pouvoirs publics français, entre dépendance aux clouds américains et recherche d’alternatives européennes. Le sujet a d’ailleurs animé plusieurs opérations françaises récentes autour de l’intelligence artificielle et du cloud souverain, comme le rappelle notre accord entre Mistral AI et Microsoft, largement commenté pour son impact sur l’écosystème numérique européen.
Or équiper des dizaines de milliers de lycéens d’un système Google plutôt que d’une solution européenne illustre la difficulté, en pratique, de concilier ambitions de souveraineté et contraintes budgétaires ou logistiques d’un déploiement à grande échelle. Ce n’est pas un cas isolé : les collectivités qui cherchent à accompagner la montée en compétences numériques du grand public se heurtent régulièrement aux mêmes arbitrages, comme le montre la situation des conseillers numériques, dont le financement reste fragile.
Sur le plan budgétaire, la gratuité de l’appareil tombe à un moment où les dépenses de rentrée pèsent lourd sur les ménages : cartables, fournitures, vêtements… Beaucoup de familles ont dû arbitrer serré cet été, comme le détaille notre article sur le budget des familles à la rentrée scolaire. Ne pas avoir à financer un ordinateur représente donc une économie réelle, même si la presse spécialisée souligne que le Chromebook reste une machine d’entrée de gamme, adaptée à un usage scolaire classique (traitement de texte, recherche, visioconférence) mais limitée pour des usages plus gourmands.
Les élèves entrant en classe de Seconde dans un lycée d’Île-de-France, soit environ 150 000 jeunes, sont concernés par ce nouvel équipement fourni par la Région.
Non. Ils conservent leur PC Y13 Unowhy sous Windows, déjà distribué les années précédentes, jusqu’à la fin de leur scolarité au lycée.
Oui, Microsoft 365 reste accessible directement depuis le navigateur du Chromebook, sans installation de logiciel local.
60 Millions de Consommateurs — test de la valeur du Chromebook distribué aux lycéens.
Capital.fr — essai du Chromebook Asus destiné aux lycéens franciliens.
Lycée Louis-Bascan — présentation officielle du déploiement en établissement.
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