Réserver un cours de sport réservé aux femmes, un hôtel qui n’accueille pas d’enfants, une croisière entre voyageuses : les offres « women only » et « no kids » ne sont plus des curiosités marginales. Une étude du CREDOC publiée en juillet 2026 dresse le portrait d’une tendance de fond dans l’art de vivre des Français, qui séduit largement tout en suscitant un débat bien réel sur la mixité et l’accessibilité des lieux.
Aujourd’hui, 10 % des femmes déclarent avoir déjà eu recours à un service qui leur est exclusivement réservé, et 7 % des Français ont déjà testé une formule « no kids ». Des chiffres modestes en apparence, mais qui cachent un potentiel de développement bien plus important : 24 % des femmes se disent intéressées pour l’avenir par ce type de services, et 16 % des Français par les dispositifs sans enfants. Au total, le CREDOC estime que ces usages pourraient concerner à terme une femme sur trois et près d’un Français sur quatre.
Les motivations diffèrent nettement selon le type d’offre. Plus de 40 % des utilisatrices des services women only les choisissent avant tout pour se sentir davantage en sécurité, en particulier dans les transports ou les espaces sportifs. Du côté des formules no kids, c’est la recherche de calme qui domine largement : 68 % des utilisateurs y voient d’abord un moyen de gagner en tranquillité, notamment dans les loisirs, l’hôtellerie et les vacances. Un besoin de retrouver du temps pour soi qui rejoint des constats déjà documentés sur le rôle des vacances dans le bien-être et la productivité.
Malgré la satisfaction élevée de ceux qui y ont recours, ces offres ne font pas consensus. Deux tiers des personnes qui s’opposent aux services women only invoquent le principe de mixité et l’idée du vivre-ensemble. Du côté du no kids, la même proportion d’opposants pointe le risque de voir certains lieux devenir moins accessibles aux familles. Le débat illustre une tension plus large de l’art de vivre contemporain, entre recherche individuelle de confort et attachement collectif à des espaces partagés par tous.
Cette segmentation croissante des services accompagne une évolution plus générale des habitudes de loisirs et de voyage, où les Français cherchent à personnaliser davantage leurs expériences plutôt que de se contenter d’une offre uniforme. On la retrouve aussi dans la manière dont se redessine le calendrier des vacances, comme le montrait notre article sur l’essor de septembre comme nouveau mois star du tourisme. Une chose est sûre : entre quête de sécurité, besoin de calme et attention portée au budget, comme le rappelle notre enquête sur l’essor de la seconde main pour la rentrée, les arbitrages de vie quotidienne des Français se font de plus en plus fins et individualisés.
Ce sont des services ou espaces (transports, sport, hôtellerie, voyages) réservés soit exclusivement aux femmes, soit excluant la présence d’enfants, pour répondre à des besoins spécifiques de sécurité ou de tranquillité.
Leur usage reste minoritaire aujourd’hui (10 % des femmes pour le women only, 7 % des Français pour le no kids), mais l’intérêt déclaré pour l’avenir est nettement plus élevé, avec un taux de satisfaction de 85 % chez les utilisateurs actuels.
Les opposants au women only mettent en avant le principe de mixité, tandis que les détracteurs du no kids estiment que ces formules réduisent l’accessibilité de certains lieux aux familles avec enfants.
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