Le marché du travail français confirme en 2026 une tendance amorcée depuis le début de l’année : après un repli marqué en 2024 et 2025, le nombre de personnes sans emploi progresse à nouveau, doucement mais sûrement. Les données publiées coup sur coup par l’Insee et par France Travail dessinent un tableau nuancé, où deux méthodes de mesure différentes racontent chacune une partie de l’histoire.
Selon la note de conjoncture de l’Insee, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) s’est établi à 8,1 % de la population active au premier trimestre 2026, soit une hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent. Cette mesure, calculée à partir d’une enquête représentative menée chaque trimestre auprès des ménages, reste la référence internationale pour comparer le chômage d’un pays à l’autre.
Elle diffère volontairement des inscriptions administratives : est considérée comme chômeuse, au sens du BIT, toute personne sans emploi, disponible pour en occuper un sous quinzaine et ayant activement cherché du travail dans le mois précédent l’enquête, qu’elle soit ou non inscrite à France Travail.
De son côté, le comptage administratif de France Travail montre que le nombre de demandeurs d'emploi tenus de rechercher un poste et n’ayant exercé aucune activité dans le mois (catégorie A) a atteint 3,323 millions de personnes au deuxième trimestre 2026, en progression de 0,8 % sur trois mois. Il s’agit du deuxième trimestre consécutif de hausse pour cet indicateur, après une phase de relative stabilité fin 2025.
Ces deux séries statistiques ne se lisent pas de la même façon : l’une capture une photographie de l'emploi selon une définition harmonisée au niveau européen, l’autre reflète les mouvements d’entrées et de sorties des listes d’un opérateur public, influencés aussi par les radiations, les reprises de formation ou les changements de catégorie. Leur convergence actuelle – toutes deux orientées à la hausse – renforce néanmoins le constat d’un ralentissement du marché du travail après plusieurs années de décrue du chômage.
Les économistes interrogés par la presse spécialisée appellent à la prudence : une hausse de 0,2 point sur un trimestre reste dans l’épaisseur du trait statistique et peut être suivie d’une correction. Elle intervient toutefois dans un contexte de ralentissement de la croissance et de prudence des entreprises en matière d'embauche, deux facteurs qui pèsent mécaniquement sur les flux d’entrées et de sorties du chômage.
Pour les personnes concernées, ces chiffres macroéconomiques se traduisent concrètement par une recherche d'emploi parfois plus longue. Les acteurs de l'emploi et de la formation rappellent l’intérêt d’actualiser régulièrement ses compétences et de solliciter les dispositifs d’accompagnement existants pour raccourcir les délais de retour à l’activité.
La prochaine publication de l’Insee, portant sur le deuxième trimestre 2026, permettra de confirmer ou non cette orientation. Les acteurs économiques et sociaux, du côté des indicateurs financiers comme de ceux du service public de l'emploi, suivront de près l’évolution de ces deux courbes, qui conditionnent en partie les arbitrages budgétaires et les politiques d’insertion professionnelle pour la fin de l’année.
Parce qu’ils ne mesurent pas la même chose : l’Insee applique une définition internationale (BIT) issue d’une enquête auprès des ménages, tandis que France Travail comptabilise les personnes inscrites sur ses listes, catégorie par catégorie, selon des règles administratives propres.
Les deux indicateurs disponibles à ce jour, le taux BIT de l’Insee (8,1 % au premier trimestre, +0,2 point) et le nombre d’inscrits en catégorie A chez France Travail (3,323 millions au deuxième trimestre, +0,8 %), pointent tous deux vers une légère hausse, à confirmer sur les prochains trimestres.
Les statistiques trimestrielles du taux de chômage sont publiées par l’Insee dans ses notes « Informations rapides », tandis que les effectifs de demandeurs d'emploi par catégorie sont diffusés chaque trimestre par France Travail dans ses tableaux de bord statistiques.
Insee – Au premier trimestre 2026, le taux de chômage augmente de 0,2 point et atteint 8,1 %
CNews – Emploi : le taux de chômage augmente de 0,8 % au 2e trimestre
Economie Matin – Chômage : encore une augmentation en France au deuxième trimestre 2026
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