Après une accalmie amorcée au printemps, les taux de crédit immobilier confirment leur stabilisation en ce mois d’août : les grilles bancaires reconduisent quasiment celles de juillet, pour le deuxième mois consécutif. Mais les courtiers surveillent de près un indicateur qui pourrait tout changer d’ici la rentrée : l’OAT à 10 ans, référence des banques pour fixer leurs taux, qui a franchi la barre symbolique des 4 % en juillet.
Selon les barèmes constatés par les principaux réseaux de courtage, les taux moyens hors assurance s’établissent actuellement à 3,16 % sur 15 ans, 3,31 % sur 20 ans et 3,43 % sur 25 ans. Ces niveaux confirment le mouvement de stabilisation amorcé entre mai et juin, après une légère remontée observée en juin-juillet. Certains établissements ont même procédé à de très légers ajustements à la baisse sur leurs meilleures offres.
Le point de vigilance vient des marchés obligataires. L’OAT à 10 ans — l’obligation assimilable du Trésor qui sert de référence aux banques pour calculer leurs taux fixes — a dépassé les 4 % en juillet. Or les barèmes bancaires actuels ne reflètent pas encore cette tension. Si le niveau se maintient dans la durée, les établissements devraient progressivement répercuter la hausse à partir de septembre, ce qui romprait la stabilité observée depuis deux mois.
Le consensus des courtiers table sur un taux moyen autour de 3,55 % sur 20 ans d’ici la fin de l’année 2026 : une hausse contenue plutôt qu’une flambée, mais suffisante pour peser sur le pouvoir d’achat immobilier des ménages qui financent à crédit. Pour un emprunt de 250 000 € sur 20 ans, une hausse de 0,25 point représente environ 30 € de mensualité supplémentaire, et plusieurs milliers d’euros de coût total sur la durée du prêt.
Cette évolution des taux s’inscrit dans un contexte plus large de finance et d’économie française où plusieurs indicateurs, du niveau des taux d’épargne réglementée à l’activité des entreprises, restent scrutés de près par les ménages comme par les professionnels du crédit.
Les banques se financent en partie sur les marchés obligataires : quand le rendement de l’OAT à 10 ans grimpe, leur coût de refinancement augmente, ce qui les pousse à relever progressivement leurs taux de crédit.
Avec des taux stabilisés mais une pression haussière anticipée à partir de septembre, les courtiers recommandent généralement de ne pas différer un projet déjà finalisé, sans que cela constitue un conseil personnalisé.
Sur un crédit de 250 000 € sur 20 ans, cela représente environ 30 € de mensualité en plus, soit plusieurs milliers d’euros sur la durée totale du prêt — un écart non négligeable pour les dossiers déjà tendus.
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