Devenir pilote de ligne sans disposer d’une seule heure de vol commercial à son actif : c’est la promesse tenue chaque année par la filière Cadets Air France. La dernière campagne de recrutement du programme, ouverte du 15 juin au 31 juillet, vient de se refermer, confirmant l’ampleur d’une initiative devenue une référence dans le paysage de la formation professionnelle aéronautique en France.
Contrairement à la majorité des parcours menant au métier de pilote de ligne, souvent coûteux et réservés à ceux qui peuvent avancer plusieurs dizaines de milliers d’euros, le dispositif Cadets repose sur une prise en charge intégrale par Air France. La formation s’étale sur environ vingt-quatre mois et se déroule en deux temps : près de neuf mois de phase théorique menant à la licence ATPL, suivis de quinze à vingt et un mois de vols et de séances sur simulateur, pour un total avoisinant 150 heures de vol et 80 heures de simulateur. À l’issue du cursus, les lauréats rejoignent les cockpits d’Airbus A220 ou A320 chez Air France, ou de Boeing 737 et A320neo chez Transavia, en tant que copilotes.
Le programme, relancé en 2018, ne se limite pas aux passionnés d’aviation déjà formés. Jeunes diplômés, étudiants issus de filières scientifiques ou candidats en reconversion professionnelle peuvent y postuler, à condition de répondre aux critères d’admission fixés par la compagnie. Cette ouverture s’inscrit dans une volonté affichée de diversifier les profils accédant au cockpit, notamment en renforçant la présence des femmes dans un métier où elles restent minoritaires. Depuis 2018, plus de 300 jeunes pilotes ont ainsi rejoint les rangs d’Air France et de Transavia grâce à cette voie d’accès.
Pour préparer les candidats au processus de sélection, souvent jugé exigeant, Air France a organisé un webinaire de présentation en partenariat avec la Fédération Française Aéronautique et la Fédération Française de Vol en Planeur. L’occasion de détailler les étapes du recrutement, les tests psychotechniques et les entretiens qui jalonnent le parcours, avant l’entrée en formation dans l’une des écoles de pilotage partenaires sélectionnées par la compagnie.
Ce type de dispositif illustre une tendance de fond du marché du travail français : face aux besoins de renouvellement des générations de pilotes et à la reprise durable du trafic aérien, les grands groupes investissent davantage dans des filières internes de recrutement et de formation, plutôt que de compter uniquement sur les écoles privées classiques. Cette logique se retrouve dans d’autres secteurs en tension, où la formation initiale financée par l'employeur devient un levier d’attractivité à part entière. Pour suivre les autres initiatives similaires, direction notre rubrique Emploi – Formation.
Au-delà du secteur aérien, ce type de démarche interroge plus largement la manière dont les grandes entreprises françaises structurent aujourd’hui leurs politiques de recrutement et de formation interne. Un mouvement à suivre également du côté de notre rubrique Business – Entreprise, où les stratégies de fidélisation des talents occupent une place croissante.
Non. Le programme s’adresse à des candidats sans expérience de vol commercial préalable. Seuls certains prérequis généraux, fixés par la compagnie, sont exigés avant l’entrée en formation.
Le parcours dure environ vingt-quatre mois, avec une phase théorique d’environ neuf mois suivie d’une quinzaine de mois de pratique en vol et sur simulateur.
Les lauréats intègrent les effectifs d’Air France ou de sa filiale Transavia en tant que copilotes, sur des appareils tels que l’Airbus A220, l’A320 ou le Boeing 737 selon la compagnie d’affectation.
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