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Solaire flottant : la France mise sur ses lacs et barrages pour produire de l’électricité

Longtemps cantonné à quelques toitures et parcs au sol, le photovoltaïque français explore désormais une nouvelle surface : celle de ses lacs, gravières et retenues de barrages. Le solaire flottant connaît une accélération notable sur le territoire, porté par plusieurs projets d’envergure qui redessinent la carte de la production d’électricité renouvelable.

Une technologie qui gagne du terrain sur l’eau

Le principe est simple : des panneaux photovoltaïques sont installés sur des flotteurs ancrés à la surface de plans d’eau, qu’il s’agisse d’anciennes carrières inondées, de lacs de barrages hydroélectriques ou de bassins industriels. L’intérêt est double : éviter d’artificialiser des terres agricoles ou naturelles, et bénéficier du rafraîchissement naturel de l’eau, qui améliore légèrement le rendement des cellules par rapport à une installation au sol soumise à de fortes chaleurs.

En Haute-Marne, la centrale des Îlots Blandin illustre l’ampleur que peut prendre ce type de projet : plus de 135 000 panneaux répartis sur 127 hectares d’un plan d’eau, pour une puissance de 74,3 MWc, en font la plus grande installation solaire flottante d’Europe. Mise en service par les développeurs Q Energy et Velto Renewables, elle alimente l’équivalent de plusieurs dizaines de milliers de foyers.

Des projets répartis sur tout le territoire

D’autres installations confirment la montée en puissance de la filière. Dans le Vaucluse, le parc O’MEGA1, aménagé sur le plan d’eau d’une ancienne carrière à Piolenc, a vu sa capacité portée à 22 MWc après une extension. Dans les Hautes-Alpes, EDF exploite depuis 2023 la centrale de Lazer, d’une puissance de 20 MWc.

Le groupe électricien prépare désormais un nouveau chantier d’ampleur en Isère : le projet Cheylas, dont les travaux doivent démarrer début 2026 pour une mise en service prévue à l’été 2027. Avec environ 70 000 panneaux, cette future centrale de 44 MWc devrait produire près de 60 GWh par an, de quoi couvrir la consommation électrique annuelle d’une ville de taille moyenne.

Pourquoi cette filière séduit les investisseurs et les collectivités

Le solaire flottant répond à une équation de plus en plus contrainte : trouver du foncier disponible pour développer les énergies renouvelables sans entrer en concurrence avec l’agriculture ou les espaces naturels. Les retenues de barrages hydroélectriques, souvent déjà raccordées au réseau électrique, offrent en outre l’avantage de mutualiser les infrastructures existantes, ce qui réduit les coûts de raccordement des nouveaux parcs.

Les collectivités locales y voient également un moyen de valoriser des plans d’eau parfois peu exploités, tout en participant aux objectifs de développement des énergies bas carbone. Les innovations techniques — flotteurs plus résistants, ancrages adaptés aux variations de niveau d’eau — profitent par ailleurs des progrès plus larges de l’innovation technologique appliquée à l’énergie.

Des défis techniques et environnementaux à surveiller

Cette expansion n’est pas sans poser de questions. L’impact sur les écosystèmes aquatiques – oxygénation de l’eau, faune et flore locales – fait l’objet d’études au cas par cas avant chaque autorisation. Les porteurs de projets doivent aussi composer avec la résistance des matériaux aux intempéries et aux variations du niveau d’eau, particulièrement sur les retenues de barrages soumises à des cycles de marnage importants.

Reste que la trajectoire est engagée : après les toitures et les grandes centrales au sol, l’eau s’impose progressivement comme le troisième pilier du solaire français, avec un potentiel encore largement sous-exploité sur les milliers de plans d’eau et retenues que compte le territoire, un enjeu suivi de près dans le secteur de l’aménagement du territoire.

Questions fréquentes

Le solaire flottant est-il plus performant que le solaire au sol ?

Le rafraîchissement apporté par l’eau améliore légèrement le rendement des panneaux par rapport à une installation au sol, sans toutefois bouleverser les performances globales, qui restent d’abord liées à l’ensoleillement du site.

Quels types de plans d’eau accueillent ces centrales ?

On trouve principalement d’anciennes carrières inondées, des gravières, des bassins industriels et des retenues de barrages hydroélectriques, choisis notamment pour leur accès facilité au réseau électrique.

Cette technologie entre-t-elle en concurrence avec les usages de l’eau ?

Chaque projet fait l’objet d’une étude d’impact environnemental avant autorisation, afin de vérifier sa compatibilité avec les usages existants du plan d’eau et la préservation des écosystèmes aquatiques.

Sources

camille Alart

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