Le sujet reste discret dans le débat public, mais il progresse vite dans les bilans des assureurs : certains territoires français pourraient devenir difficiles voire impossibles à assurer d’ici 2050. Une perspective qui n’a plus rien de lointain pour les propriétaires situés en zone à risque, alors que le coût du changement climatique dépasse déjà les projections établies il y a cinq ans.
Le dirigeant de la Maif a récemment alerté sur la multiplication des événements climatiques, qui « coûtent extrêmement cher » et alimentent la hausse des primes d’assurance habitation en 2026. Selon les données citées par le secteur, le coût du réchauffement climatique est déjà supérieur de 18 % aux projections établies en 2021 pour l’horizon 2050 : la trajectoire s’accélère plus vite que ce que les modèles anticipaient.
Ce constat rejoint celui déjà documenté sur le site à propos du risque de catastrophes naturelles multiplié par cinq en cinquante ans : les assureurs ne font qu’intégrer, avec retard, une tendance déjà observable sur le terrain.
Depuis 2024, plusieurs compagnies refusent déjà de couvrir des habitations situées en zones inondables récurrentes, créant ce que certains professionnels du secteur appellent des déserts assurantiels. En métropole, trois types de zones concentrent l’essentiel des interrogations sur leur assurabilité à moyen terme :
Le risque incendie s’ajoute désormais à cette liste dans plusieurs régions du Sud, un phénomène détaillé dans notre article sur les mégafeux et le doublement du risque d’incendies extrêmes.
Deux études structurent aujourd’hui le débat. Celle de France Assureurs chiffre un quasi-doublement du montant des sinistres liés aux événements naturels entre 2020 et 2050 : de 73,4 milliards d’euros (sur la période de référence 1989-2019) à 143 milliards d’euros projetés. Le changement climatique expliquerait un peu plus d’un tiers de cette hausse, le reste relevant de facteurs économiques et de l’exposition croissante des biens construits en zone à risque.
De son côté, la Caisse centrale de réassurance (CCR), en partenariat avec Météo-France, évalue à environ +40 % la hausse de la sinistralité du régime Catastrophes naturelles à l’horizon 2050. La sécheresse géotechnique y apparaît comme le péril le plus préoccupant, avec un coût déjà estimé à 3,5 milliards d’euros pour la seule année 2022.
Pour l’instant, aucune zone n’est officiellement déclarée « non assurable » en France : le régime Cat Nat, adossé à la garantie de l’État via la CCR, continue de mutualiser le risque à l’échelle nationale. Mais la tendance observée depuis 2024 invite les futurs acquéreurs en immobilier à intégrer l’exposition climatique d’un bien dans leur décision d’achat, au même titre que sa localisation ou son état général, et à se renseigner sur les risques climatiques répertoriés pour leur commune avant de signer.
Non, aucune zone n’est aujourd’hui officiellement exclue du régime Catastrophes naturelles. Mais certains assureurs refusent au cas par cas de couvrir des biens situés en zones inondables récurrentes depuis 2024.
Selon l’étude de la CCR, la sécheresse géotechnique (retrait-gonflement des argiles) est le péril le plus préoccupant, avec un coût estimé à 3,5 milliards d’euros pour la seule année 2022.
Les données de zonage (inondation, argiles, submersion marine, recul du trait de côte) sont consultables sur les portails officiels de prévention des risques avant tout achat ou toute renégociation de contrat d’assurance.
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