Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau droit vient s’ajouter à l’arsenal déjà existant des congés liés à la naissance d’un enfant : le congé de naissance. Distinct du congé paternité, il ouvre la possibilité de s’absenter jusqu’à deux mois supplémentaires, indemnisés, sans remplacer les dispositifs déjà en place. Un changement concret pour des milliers de jeunes parents, qui reste pourtant encore mal connu.
Jusqu’ici, un père ou le second parent pouvait prétendre à 28 jours de congé paternité et d’accueil de l’enfant : trois jours de congé de naissance versés par l'employeur, quatre jours obligatoires, puis 21 jours facultatifs, indemnisés par la Sécurité sociale. Le nouveau congé de naissance ne se substitue pas à cette architecture : il s’y ajoute. Concrètement, un parent peut désormais cumuler son congé paternité classique avec jusqu’à deux mois d’absence supplémentaire, pris en une ou plusieurs fois dans les mois qui suivent l’arrivée de l’enfant.
Cette addition change la donne pour l’organisation familiale : les parents ne sont plus contraints de choisir entre reprendre le travail rapidement ou puiser dans leurs congés payés pour prolonger leur présence auprès du nouveau-né.
Le dispositif s’adresse aux deux parents, qu’ils soient salariés du privé, indépendants ou agents publics, dès lors que la naissance ou l’adoption est intervenue après l’entrée en vigueur de la mesure. Il peut être fractionné, ce qui permet par exemple de répartir les semaines d’absence sur plusieurs mois plutôt que de les prendre d’un seul bloc juste après l’accouchement.
Comme pour les dispositifs récents destinés aux salariés, l'employeur ne peut pas s’opposer à la demande dès lors que les conditions d’éligibilité sont réunies ; il doit simplement être informé selon un délai de prévenance fixé par décret.
Sur le plan financier, l’indemnisation du congé de naissance est versée par l’Assurance maladie (CPAM), sur le même principe que les indemnités journalières déjà connues pour le congé paternité. Le montant est calculé sur la base du salaire journalier de référence, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Aucune avance n’est demandée à l'employeur, qui peut néanmoins choisir de compléter l’indemnisation par accord d’entreprise.
Ce financement par la CPAM plutôt que par l'employeur explique en partie pourquoi la mesure a pu être introduite sans opposition patronale forte : le coût est mutualisé au niveau national plutôt que supporté directement par chaque structure, y compris les plus petites.
La directive européenne 2019/1158 impose seulement un minimum de dix jours de congé de paternité, rémunérés au moins au niveau de l’indemnisation maladie, dans l’ensemble des pays de l’Union. Les écarts entre États membres restent considérables : l’Allemagne se limite à une dizaine de jours, tandis que l’Espagne accorde plusieurs mois de congé parental indemnisé. Avec ce nouveau congé de naissance ajouté aux 28 jours existants, la France se rapproche des pays les plus généreux du continent, sans toutefois atteindre les standards scandinaves.
Pour les familles qui ajustent déjà leur budget à chaque étape de la vie, comme le montre la question récurrente de l’aide financière versée aux familles à la rentrée scolaire, cette nouvelle indemnisation constitue un filet supplémentaire au moment de l’arrivée d’un enfant.
Plusieurs cabinets spécialisés en droit social relèvent que la mesure reste peu demandée pour l’instant, faute d’information suffisante de la part des employeurs. Le phénomène rappelle celui observé après l’entrée en vigueur d’autres réformes récentes du droit du travail, comme le nouveau plafonnement de la durée des arrêts de travail, où les droits des salariés évoluent parfois plus vite que leur diffusion auprès du grand public.
Les services des ressources humaines sont donc invités à intégrer cette information dans leurs livrets d’accueil et leurs communications internes, afin que les futurs parents n’ignorent pas ce droit au moment où ils en ont le plus besoin.
Non. Il s’agit d’un droit distinct et cumulable : les 28 jours de congé paternité existants restent inchangés, et le congé de naissance vient s’y ajouter, jusqu’à deux mois supplémentaires.
C’est la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) qui prend en charge l’indemnisation, calculée sur la base du salaire journalier de référence, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
Oui, le dispositif permet un fractionnement dans les mois qui suivent la naissance ou l’adoption, plutôt qu’une prise obligatoire en un seul bloc.
Touteleurope.eu — Congé parental en Europe : les hommes manquent encore à l’appel
economie.gouv.fr — Le congé de paternité, comment ça fonctionne
Deel — Congé de naissance en Europe : ce qui change
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