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24 Août 2018

Sylvain Dupras - sdupras@lexismedia.ca

«Toute petite, les rencontres politiques me passionnaient»

Claire Vaive dit avoir préféré l'expérience municipale

POLITIQUE. En m'accueillant chez elle pour une entrevue, Claire Vaive écoutait un bulletin de nouvelles à la télé. Même à 78 ans, la politique la passionne toujours.

Première femme élue au conseil municipal de l'ex-ville de Gatineau en 1983, en compagnie de son amie Berthe Miron, Mme Vaive a accepté de revenir sur ses années d'engagement en politique et auprès de la population.

«J'ai toujours aimé la politique, lance-t-elle en début d'entrevue. Toute petite, les rencontres politiques me passionnaient. L'un de mes oncles était activement engagé en politique et ça me fascinait. En 1983, c'est Gaétan Cousineau (alors conseiller municipal qui briguait la mairie de Gatineau) qui m'a invité à me présenter. Il m'a dit que je connaissais bien des gens et que je pourrais être une bonne conseillère municipale.»

Elle s'est aussi inspirée de Constance Provost, qui était alors conseillère municipale à Aylmer et qui a remporté la mairie en 1983 également. «Je trouvais que c'était une femme posée qui savait défendre ses dossiers.»

De la station-service à l'enseignement

Rue St-Antoine, la toute jeune Claire Vaive aidait sa grand-mère Charron à la seule station-service et au restaurant de Pointe-Gatineau.

«Mon grand-père était barbier et c'est ma  grand-mère qui s'occupait de deux autres commerces, se souvient Mme Vaive. À 9 ans, je vendais de l'essence. Les autos klaxonnaient pour du service. Je me souviens du Dr Robinson qui arrêtait tous les jours pour mettre deux piastres de gaz chaque fois. J'ai toujours été impliquée avec ma grand-mère. C'était une femme forte qui m'a toujours inspirée.»

Les réunions politiques se tenaient non loin de la résidence familiale. «Un jour, j'ai demandé à papa pourquoi les gens criaient forts. Il m'a dit qu'ils faisaient de la politique. Ça m'a fasciné.» 

Son père, René Vaive, travaillait au moulin à papier de Gatineau.

En 1969, Claire Vaive devient enseignante en commerce-secrétariat à la Commission scolaire régionale de l'Outaouais. À 20 ans, elle épouse Paul Séguin qui décède très jeune, 43 ans, d'un AVC. «Quand je l'ai rencontré, il lui restait six mois à faire avant d'être ordonné prête au séminaire. Notre rencontre fut un coup de foudre.»

L'appel de la politique

En 1983, à la veille de la campagne électorale dans l'ex-ville de Gatineau, Gaétan Cousineau frappe à la porte de Mme Vaive. Ce dernier est conseiller municipal et brigue la mairie contre le maire en place, John Luck.

«Il m'a dit que ça ne payait pas beaucoup mais que c'était très intéressant comme expérience. Comme mon mari était décédé et que j'étais seule, j'y suis allée. Nous étions sept en lice dans Pointe-Gatineau, moi et six hommes, et j'ai gagné.»

Claire Vaive a donc fait son entrée au conseil municipal à titre de première conseillère municipale, avec son amie Berthe Miron qui fut également élue dans La Baie, le quartier voisin. «Heureusement que je n'étais pas seule. Avec Berthe, on a piloté plusieurs dossiers conjointement et  nous avions l'appui de Gaétan à la table du conseil municipal.»

C'est d'ailleurs cet homme, alors devenu président de la Communauté urbaine de l'Outaouais (CUO), qui la nomma à la présidence de l'exécutif de l'ex-ville de Gatineau ainsi que présidente de la Commission de planification et d'aménagement de la CUO. Ce dernier rôle a été marquant pour Mme Vaive qui dit avoir alors pris conscience des besoins de toutes les municipalités qui ont finalement été fusionnées en 2002.

«Une expérience qui m'a été très utile lorsque je me suis présentée aux élections provinciales dans Chapleau en 1994», de dire Mme Vaive qui est engagée envers le parti libéral depuis plusieurs années déjà. Une expérience qui aura duré quatre ans. Elle n'a pas sollicité un second mandat, trouvant essoufflant ses déplacements hebdomadaires entre Gatineau et Québec, elle qui n'aime pas prendre l'avion.

«Bien que j'ai bien apprécié cette expérience, si c'était à recommencer, je serais demeurée au municipal. Comme politicien, on est plus près des gens.»

Le Festival en héritage

Quand on lui demande quel est le plus bel héritage qu'elle a laissé en tant que politicienne, Mme Vaive demeure humble et dit qu'elle a contribué à l'avancement de plusieurs dossiers avec l'aide de ses collègues. Quand on lui rappelle le lancement du Festival de montgolfières de Gatineau en 1987, là on touche une corde sensible.

«J'ai lancé le Festival en tant que présidente et j'ai été là pendant 12 ans, nous dit-elle. Depuis, je n'ai jamais manqué une année. Je suis invitée tous les ans et je remets même des prix à titre de présidente-fondatrice. Chapeau à Jean Boileau, alors directeur des communications, qui a eu l'idée de ce projet. C'est lui qui m'a présenté l'idée que j'ai amené à la table du conseil avec la complicité de ma grande amie, Berthe Miron. Gaétan Cousineau était très enthousiaste et le festival a été lancé.»

Pourtant, la première année, sous la pluie, aurait pu signifier la fin du festival très rapidement. «Il était déjà entendu qu'il y aurait une seconde année. Heureusement d'ailleurs. C'est une très belle visibilité pour Gatineau», mentionne Claire Vaive qui qualifie Jean Boileau de grand ami qu'elle revoit régulièrement.

La famille d'abord

À la retraite, Mme Vaive a bien accepté quelques projets spéciaux, comme des présidences d'honneur, mais sa priorité demeure sa famille. Mère de deux garçons, Pierre, 56 ans, et Jean, 58 ans, elle veille sur eux. D'ailleurs, Jean vit dans un état végétatif depuis l'âge de 24 ans. Après avoir avalé une arête de poisson, il est hospitalisé d'urgence. Il a fait une mauvaise réaction au traitement et, depuis, il est aveugle, ne bouge pas et ne mange pas.

Une erreur médicale, nous dit Mme Vaive. «Je vais le voir tous les jours au Centre Vigi de Gatineau. Il reconnaît ma voix. Jean est ma priorité, il a besoin de moi. C'est évident que c'est dur à accepter.»

Pour sa part, Pierre a un fils et les deux demeurent dans le même quartier que Mme Vaive. Elle sera d'ailleurs arrière-grand-mère bientôt.

Un dernier conseil

Claire Vaive dit avoir toujours été respectée par ses collègues masculins. Selon elle, la mixité est importante au sein du conseil municipal puisque les femmes et les hommes ont chacun une contribution importante.

Aux femmes qui songent à se lancer en politique, elle dit: «vas-y. Tout le monde peut faire la différence!»

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