Le marché de l'emploi français vit un paradoxe. D’un côté, le chômage remonte et touche désormais 2,7 millions de personnes. De l’autre, les employeurs continuent de peiner à pourvoir leurs postes : les métiers en tension restent nombreux, même si la pression se desserre légèrement par rapport à l’an dernier. Entre ralentissement des embauches et persistance des difficultés de recrutement, le diagnostic du marché du travail se complique.
Le chômage remonte, l’activité reste à un niveau record
Selon l’Insee, le taux de chômage a atteint 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent. Le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail s’élève désormais à 2,7 millions, soit 62 000 personnes de plus en trois mois. Les jeunes de 15 à 24 ans sont particulièrement exposés, avec un taux de chômage de 21,6 %.
Ce qui rend la situation singulière, c’est qu’elle ne traduit pas un effondrement du marché du travail : le taux d'emploi atteint 69 % et le taux d’activité 75,4 %, deux niveaux historiquement élevés. La hausse du chômage s’explique en partie par l’arrivée sur le marché de personnes jusque-là inactives, notamment sous l’effet des réformes récentes autour du plein emploi.
Moins de recrutements prévus, mais toujours autant de difficultés
Dans le même temps, France Travail publie sa 25e enquête annuelle sur les besoins en main-d’œuvre (BMO). Les employeurs anticipent 2,28 millions de projets de recrutement pour 2026, un volume en baisse de 6,5 % par rapport à 2025. Le ralentissement est net, mais il reste deux fois moins marqué que celui observé l’année précédente.
Le point le plus révélateur concerne la difficulté à recruter : 43,8 % des projets sont jugés difficiles par les employeurs, contre 50,1 % un an plus tôt, soit un recul de 6,3 points. Le marché se détend donc un peu, sans pour autant basculer vers une situation de recrutement fluide. Les secteurs du bâtiment, de l’industrie, de la santé et du numérique restent les plus concernés par ces tensions, qui s’expliquent moins par un manque de candidats que par un décalage entre les compétences recherchées et celles disponibles sur le marché.
Pourquoi ce décalage persiste
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu : le projet de loi de finances 2027 prévoit une coupe de 2,5 milliards d’euros sur la mission « Travail, emploi et administration des ministères sociaux », ce qui interroge sur la capacité des dispositifs de formation professionnelle à combler l’écart de compétences dans les années qui viennent. Plusieurs opérateurs de formation, dont l’Afpa, engagent déjà des réorganisations pour s’adapter à ces arbitrages, avec un risque de ralentir la montée en compétences sur les métiers justement en tension.
Les chiffres de France Travail le confirment aussi : comme le détaillait un précédent décryptage sur les tensions de recrutement, le desserrement général masque des situations très contrastées selon les profils, notamment pour les jeunes diplômés qui peinent parfois à transformer leur qualification en embauche rapide. À l’autre bout de la pyramide des âges, l'emploi des salariés seniors illustre une autre facette du même marché du travail à deux vitesses.
Les idées reçues à écarter
- « Si le chômage augmente, c’est qu’il y a moins d'emplois » : faux, le taux d'emploi est à un niveau record, la hausse du chômage reflète surtout une plus forte participation au marché du travail.
- « Les métiers en tension manquent uniquement de candidats » : le décalage vient surtout d’un manque de compétences qualifiées, pas d’un manque de main-d’œuvre en général, comme le montre aussi la situation des jeunes actifs face à la transformation de certains métiers d’entrée.
- « La détente du marché signifie que recruter devient facile » : non, près d’un projet sur deux reste jugé difficile par les employeurs malgré le recul des tensions.
Questions fréquentes
Pourquoi le chômage augmente-t-il alors que le marché du travail semble actif ?
Parce que davantage de personnes se présentent sur le marché du travail, notamment sous l’effet de réformes qui poussent à l’activité. Le taux d'emploi reste à un niveau record, ce qui distingue cette hausse du chômage d’une crise économique classique.
Quels sont les secteurs les plus touchés par les métiers en tension ?
Le bâtiment, l’industrie, la santé et le numérique figurent parmi les secteurs où les employeurs rencontrent le plus de difficultés à recruter, selon l’enquête annuelle de France Travail.
La situation va-t-elle s’améliorer en 2027 ?
La tendance 2026 montre un léger desserrement des difficultés de recrutement, mais la baisse des crédits dédiés à la formation professionnelle dans le budget 2027 pourrait freiner la résorption durable de ces tensions sur les compétences.
Sources
- Insee — Taux de chômage au deuxième trimestre 2026
- France Travail — Enquête BMO 2026
- Budget 2027 : les politiques de l'emploi amputées de 2,5 milliards d’euros
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
