Date:

Share:

Apprentissage : pourquoi les formations supérieures reculent à la rentrée

Related Articles

À la rentrée, l’apprentissage français affiche un visage à deux vitesses. D’un côté, la barre symbolique du million de contrats en cours reste franchie. De l’autre, les filières du supérieur encaissent un net recul, pendant que les niveaux bac pro et CAP progressent. En cause : une réforme du barème des aides à l'embauche d’apprentis, entrée en vigueur au printemps, qui redistribue les incitations financières selon le niveau de diplôme visé.

Ce basculement interroge directement les politiques d’emploi et de formation menées depuis plusieurs années pour développer l’alternance, un dispositif jusque-là présenté comme l’un des rares leviers efficaces contre le chômage des jeunes.

Un million d’apprentis, mais des trajectoires qui divergent

Fin 2025, la France comptait 1 017 493 contrats d’apprentissage en cours, un niveau qui dépasse toujours le seuil symbolique du million fixé par l’exécutif ces dernières années. Dans le détail, cependant, l’année 2025 avait déjà marqué un coup d’arrêt : environ 846 700 nouveaux contrats signés, soit un recul d’environ 5 % sur un an, après un pic à 890 670 entrées en 2024. La tendance se confirme et s’accentue en 2026, avec une divergence désormais marquée selon le niveau de formation visé.

Selon les données disponibles à fin mai 2026, l’apprentissage supérieur — BTS, licence, master — recule de 16,4 % sur un an, avec seulement 31 100 contrats signés sur la période. À l’inverse, les formations de niveau CAP ou bac professionnel progressent de 7,7 %, avec 48 800 contrats enregistrés sur la même fenêtre. Un renversement de tendance qui tranche avec les années précédentes, où le supérieur avait porté l’essentiel de la croissance de l’alternance.

Une réforme du barème des aides en cause

Ce basculement coïncide avec l’entrée en vigueur, le 8 mars 2026, d’une réforme du barème des aides à l’apprentissage versées aux entreprises. Le nouveau dispositif introduit un montant différencié selon le diplôme préparé : 5 000 euros pour l'embauche d’un apprenti préparant un bac professionnel dans une entreprise de moins de 250 salariés, contre seulement 2 000 euros pour un contrat de niveau bac+3 à bac+5. À cela s’ajoute, pour les cursus du supérieur, une participation obligatoire de 750 euros facturée par le centre de formation à l'employeur, une charge qui n’existait pas auparavant sur ces niveaux.

Ce nouveau barème, en resserrant nettement l’incitation financière pour les niveaux les plus qualifiés, agit mécaniquement comme un frein pour les entreprises qui hésitaient déjà à recruter en alternance dans le supérieur, alors que le coût réel de ces contrats augmente pour l'employeur.

Les bac pro et CAP tirent leur épingle du jeu

À l’inverse, les niveaux les moins qualifiés bénéficient d’un effet d’aubaine directement lié au nouveau barème. Avec une aide maintenue à un niveau élevé et sans participation obligatoire côté centre de formation, les contrats bac pro et CAP deviennent mécaniquement plus attractifs pour les employeurs, en particulier dans l’artisanat et les métiers en tension. Ce mouvement recoupe les besoins exprimés par plusieurs secteurs, où l’apprentissage reste perçu comme un canal de recrutement direct et peu délocalisable, notamment pour compenser les difficultés de recrutement observées dans la formation professionnelle et l’accompagnement vers l'emploi.

Quelles conséquences pour les entreprises et les jeunes ?

Pour les entreprises, l’équation financière a changé : recruter un apprenti de niveau bac+3 à bac+5 coûte désormais sensiblement plus cher qu’un profil bac pro ou CAP, ce qui pourrait redistribuer les stratégies de recrutement dans les prochains mois, notamment dans les secteurs du conseil, du numérique ou de la finance où l’apprentissage supérieur s’était beaucoup développé ces dernières années.

Pour les jeunes engagés dans des cursus post-bac, la baisse des opportunités en alternance intervient dans un contexte où le taux de chômage global poursuit sa lente remontée, atteignant 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, un niveau supérieur à la moyenne de l’Union européenne. Une conjoncture qui rend d’autant plus sensible tout ajustement touchant les dispositifs d’insertion professionnelle des jeunes, alors même que l’alternance était présentée jusqu’ici comme l’un des outils les plus efficaces pour limiter le chômage des moins de 30 ans, un enjeu suivi de près au niveau des actualités nationales.

Questions fréquentes

Pourquoi les contrats d’apprentissage du supérieur reculent-ils en 2026 ?

La principale cause identifiée est la réforme du barème des aides à l’apprentissage entrée en vigueur le 8 mars 2026, qui réduit fortement l’aide versée aux entreprises pour les contrats de niveau bac+3 à bac+5 et introduit une participation obligatoire du centre de formation, rendant ces contrats plus coûteux pour l'employeur.

Le nombre total d’apprentis en France a-t-il baissé ?

Non, le nombre global de contrats en cours reste élevé, avec plus d’un million de contrats d’apprentissage recensés fin 2025. C’est la répartition par niveau de diplôme qui évolue fortement, avec un recul marqué du supérieur et une progression des niveaux bac pro et CAP.

Quels niveaux de formation profitent le plus de la situation actuelle ?

Les formations de niveau CAP et bac professionnel progressent nettement, avec une hausse de 7,7 % des contrats signés à fin mai 2026, portées par une aide financière maintenue à un niveau plus favorable pour les entreprises qui recrutent à ces niveaux.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

Romain
Romain
Je m’appelle Romain Perrin, j’ai 35 ans, et je suis le fondateur de legatineauexpress.com, le média qui s’obstine à rendre lisible l’actualité nationale sans filtre ni langue de bois.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Popular Articles

Politique éditoriale et usage de l’intelligence artificielle