Et si un simple comprimé pouvait, une fois avalé, transmettre des données médicales depuis l’intérieur du corps avant de se dissoudre sans laisser de trace ? C’est le pari que viennent de réussir des chercheurs du MIT avec une batterie comestible, présentée le 21 septembre 2026 dans la revue Nature Chemical Engineering. Une avancée qui pourrait changer la manière dont on surveille la santé digestive.
La batterie repose sur des électrodes en magnésium et en trioxyde de molybdène, deux métaux tolérés par l’organisme en petites quantités. L’électrolyte est un sel liquide biodégradable, tandis que la cathode est maintenue par des fibres de cellulose, la même matière que l’on trouve dans les parois végétales. Les chercheurs se sont d’ailleurs inspirés du papier de riz comestible utilisé pour l'emballage de certaines confiseries pour concevoir cette structure. Résultat : un dispositif entièrement biorésorbable, capable de se décomposer complètement après usage.
Techniquement, la pile atteint une tension de 1,84 volt, suffisante pour alimenter de petits circuits ingérables. Les équipes du MIT l’ont déclinée en deux formats : un disque de 7,5 millimètres de diamètre et une barre rectangulaire de 24 millimètres de long, adaptés à différents usages. Lors des essais, la batterie a alimenté des dispositifs électroniques miniatures dans l’estomac de porcs pendant environ trois jours, avant de se dégrader complètement en quelques semaines, sans intervention extérieure.
Deux usages concrets ont été expérimentés. D’une part, une capsule RFID capable de transmettre sa position depuis le tube digestif vers un lecteur externe, avec une portée de communication atteignant 1,5 mètre. D’autre part, une capsule électroceutique délivrant de courtes impulsions électriques à la paroi de l’estomac : lors de tests sur l’animal, vingt minutes de stimulation ont fait grimper de 50 % le niveau de ghréline, l’hormone qui régule l’appétit. Une piste sérieuse pour des traitements liés à la nutrition, sans chirurgie ni implant permanent.
Au-delà de ces premiers essais, les chercheurs envisagent d’intégrer cette batterie à des capteurs mesurant la température, le pH, la pression ou les mouvements à l’intérieur du tube digestif, ainsi qu’à des systèmes de délivrance de médicaments ou de transmission de données de santé. Cette avancée s’inscrit dans un mouvement plus large de miniaturisation de l’électronique médicale, que l’on retrouve aussi dans d’autres travaux de chercheurs et inventeurs qui cherchent à rapprocher innovation scientifique et usages médicaux quotidiens. Elle pourrait aussi faciliter l’accès à des diagnostics plus simples, dans la lignée des efforts engagés autour des structures de proximité dédiées à la santé.
Reste à franchir l’étape des essais cliniques chez l’humain avant d’envisager une commercialisation. Mais cette avancée technologique illustre comment l’électronique embarquée continue de se réinventer, en s’appuyant sur des matériaux toujours plus proches de ceux que l’on trouve… dans notre assiette. De quoi nourrir les réflexions du secteur de la santé et de la médecine pour les années à venir.
Elle est conçue à partir de matériaux tolérés par l’organisme en petites quantités et se décompose complètement après usage, mais elle n’a pour l’instant été testée que sur l’animal, pas encore chez l’humain.
Lors des essais, elle a alimenté des dispositifs électroniques pendant environ trois jours avant de se dégrader complètement en quelques semaines.
Elle pourrait alimenter des capteurs ingérables mesurant température, pH ou pression dans le tube digestif, ainsi que des systèmes de délivrance de médicaments ou de transmission de données de santé.
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