À moins de quatre ans de l’échéance fixée par les Nations unies, le bilan mondial des objectifs de développement durable (ODD) reste contrasté. C’est ce que confirme le rapport annuel présenté début juillet 2026 à l’ouverture du Forum politique de haut niveau des Nations unies, à New York : des avancées réelles sur plusieurs fronts, mais un retard jugé « alarmant » sur les cibles les plus structurantes de l’Agenda 2030.
Le rapport, qui synthétise les données remontées par les États membres, met en avant plusieurs résultats tangibles obtenus depuis 2015. Près d’un milliard de personnes ont désormais accès à une eau potable salubre, et 1,2 milliard bénéficient de services d’assainissement gérés en toute sécurité. Du côté de la santé, les nouvelles infections par le VIH ont reculé de 30 % entre 2015 et 2024. L’accès à l’électricité concerne aujourd’hui 92 % de la population mondiale, tandis que l’usage d’Internet est passé de 40 % à 74 % de la population sur la même période. Plus de la moitié de l’humanité est désormais couverte par un système de protection sociale, même partiel.
Mais ces avancées ne suffisent pas à masquer l’ampleur du chemin restant. Sur les 139 cibles des ODD pour lesquelles des données existent, seules 36 % sont jugées en bonne voie ; 49 % progressent trop lentement pour être atteintes dans les temps, et 15 % ont même reculé par rapport à leur niveau de 2015. Le rapport pointe des situations préoccupantes : une personne sur dix vit encore dans l’extrême pauvreté, 2,3 milliards de personnes souffrent d’insécurité alimentaire, et la mortalité maternelle reste près de trois fois supérieure à la cible mondiale. 273 millions d’enfants et de jeunes demeurent non scolarisés, et le nombre de réfugiés dans le monde a plus que doublé en une décennie.
La vice-secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, a résumé le paradoxe de cette situation lors de la présentation du rapport : de nombreux pays sont sommés de tenir leurs engagements internationaux sans disposer des moyens financiers nécessaires pour y parvenir. Le document évalue qu’à ce rythme, seulement 16 % des cibles fixées seront effectivement atteintes à l’échéance prévue.
Au-delà des grands équilibres diplomatiques, ce rapport a des implications concrètes : il sert de référence aux gouvernements et aux bailleurs de fonds pour orienter leurs politiques publiques dans les prochaines années, qu’il s’agisse de formation professionnelle, de sécurité alimentaire ou de transition vers des modes de vie plus durables face au dérèglement climatique — la température mondiale moyenne en 2025 a d’ailleurs été mesurée à 1,43°C au-dessus des niveaux préindustriels, un chiffre qui alimente directement les discussions sur le financement climatique international.
Ce sont 17 objectifs adoptés par les États membres de l’ONU en 2015, dans le cadre de l’Agenda 2030, couvrant des enjeux comme la lutte contre la pauvreté, la santé, l’éducation, l’égalité ou le climat.
Il a été présenté par les Nations unies début juillet 2026, à l’ouverture du Forum politique de haut niveau sur le développement durable réuni à New York.
Selon le rapport, la trajectoire actuelle ne permettrait d’atteindre qu’une minorité des cibles fixées, ce qui pousse l’ONU à appeler les États à accélérer leurs efforts et leurs financements.
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