Du 9 au 20 novembre, Antalya, en Turquie, accueille la COP31, la conférence annuelle des Nations unies sur le climat. Derrière ce rendez-vous désormais familier se cache cette année un dispositif inédit : pour la première fois, la présidence de la conférence et la direction des négociations sont confiées à deux pays différents, situés sur deux continents distincts. Un montage diplomatique qui en dit long sur les tensions qui entourent aujourd’hui la diplomatie climatique.
La Turquie et l’Australie se disputaient depuis plus d’un an l’organisation de cette 31e Conférence des Parties. Faute d’accord, les deux pays ont fini par trouver un compromis annoncé lors de la COP30, à Belém, au Brésil : la Turquie accueille et préside formellement la conférence à Antalya, tandis que l’Australie assure la présidence des négociations, avec la charge de piloter les discussions et de préparer les textes finaux. Une répartition des rôles qui n’avait jamais été appliquée dans l’histoire de ces sommets.
Les discussions d’Antalya s’organisent autour de six axes prioritaires : l’électrification des usages, la réduction des déchets, la résilience des villes face aux dérèglements climatiques, l’industrialisation dite « verte », le renforcement de la sensibilisation du public et, surtout, l’accélération de la mise en œuvre des contributions nationales que chaque pays doit actualiser. Trois instances se réunissent en parallèle à Antalya : la COP proprement dite, la réunion des Parties au protocole de Kyoto et celle des Parties à l’Accord de Paris.
Ce sommet tombe à un moment particulier : il marque le dixième anniversaire de l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, signé en 2016. Dix ans après, les pays membres sont attendus sur l’avancement concret de leurs engagements, alors que plusieurs rapports récents soulignent l’écart persistant entre les promesses annoncées et les actions réellement mises en œuvre sur le terrain. Comme le montrent régulièrement les analyses publiées dans notre rubrique Écologie – Climat, cet écart reste l’un des points de friction majeurs entre pays du Nord et du Sud.
Si l’accord turco-australien a permis de sortir de l’impasse, plusieurs observateurs s’interrogent sur sa capacité à produire un consensus solide : partager l’autorité entre deux délégations aux priorités parfois divergentes pourrait compliquer l’adoption d’une déclaration finale ambitieuse. L’enjeu dépasse la seule question climatique : il illustre aussi, comme le rappellent d’autres dossiers suivis dans notre rubrique News Internationales, la difficulté croissante à bâtir des consensus multilatéraux dans un contexte géopolitique tendu. Les prochains jours, et notamment le sommet des chefs d’État des 11 et 12 novembre, donneront une première indication de la solidité de ce compromis. Les suites de ce dossier seront à suivre dans notre rubrique Actualités Nationales, où nous reviendrons sur les engagements pris par la France.
La COP31 se déroule à l’Antalya Expo Center, en Turquie, du 9 au 20 novembre. Un sommet réunissant les chefs d’État est prévu les 11 et 12 novembre, en ouverture des discussions techniques.
La Turquie et l’Australie se disputaient l’organisation de la conférence depuis plus d’un an. Le compromis trouvé à la COP30 de Belém attribue la présidence formelle et l’accueil à la Turquie, et la conduite des négociations à l’Australie, une première dans l’histoire des COP.
Six priorités structurent l’agenda : électrification, réduction des déchets, résilience des villes, industrialisation verte, sensibilisation climatique et accélération des contributions nationales déterminées, dans un contexte marqué par le dixième anniversaire de l’Accord de Paris.
Geneva Environment Network —
UN Global Compact Network Australia —
France 24
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