La croissance française devrait atteindre 0,2 % au troisième trimestre 2026, selon la dernière enquête de conjoncture de la Banque de France publiée le 11 août. Un chiffre modeste, mais qui cache une réalité plus contrastée : cet été, les vagues de chaleur à répétition redistribuent les cartes entre secteurs gagnants et secteurs perdants de l’économie tricolore.
Pour établir cette prévision, la Banque de France a interrogé environ 8 500 entreprises entre le 22 juillet et le 5 août 2026. Résultat : une croissance attendue à 0,2 % du PIB sur le trimestre, dans la lignée d’une activité économique qui peine à retrouver un rythme soutenu depuis le début de l’année. La banque centrale reconnaît elle-même une incertitude importante autour de ce chiffre, liée aux canicules à répétition et aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, deux facteurs difficiles à intégrer pleinement dans les modèles de prévision.
La particularité de cet été 2026 tient à l’ampleur des écarts sectoriels provoqués par les épisodes de canicule. Certaines branches en tirent profit :
À l’inverse, la restauration, l’agriculture et l’industrie cumulent les pertes : baisse de fréquentation aux heures les plus chaudes pour les uns, stress hydrique et pertes de rendement pour les autres, ralentissement de la production dans des ateliers mal adaptés à la chaleur pour les derniers.
Plusieurs signaux appellent à la prudence. Le gouvernement a déjà revu sa propre prévision de croissance du PIB pour l’ensemble de 2026, l’abaissant de 0,9 % à 0,7 %, en anticipation des effets cumulés des épisodes caniculaires. Plus préoccupant encore, un calcul de la banque néerlandaise Triodos évalue qu’une prolongation des vagues de chaleur et de la sécheresse pourrait amputer le PIB français de 1,4 %. À l’échelle de l’Union européenne, le choc économique est estimé à 180 milliards d’euros, soit environ 1 % du PIB communautaire — de quoi annuler purement et simplement la croissance du continent pour 2026.
Ces projections restent des scénarios, pas des certitudes : elles dépendent directement de la durée et de l’intensité des épisodes de chaleur à venir d’ici la fin de l’année. Mais elles illustrent une tendance de fond que les économistes observent avec une attention croissante : le climat devient un facteur macroéconomique à part entière, au même titre que l’inflation ou les taux d’intérêt, dans un contexte d’actualité nationale marquée par les arbitrages budgétaires.
Ce chiffre résulte d’une enquête de conjoncture menée auprès de 8 500 entreprises fin juillet et début août 2026. Il reflète un ralentissement d’ensemble, avec des effets très contrastés selon les secteurs touchés par la chaleur.
Les services marchands, la construction et l’énergie tirent leur épingle du jeu, portés par une consommation estivale soutenue et un rebond de la demande électrique lié à la climatisation.
C’est un risque identifié par plusieurs institutions. Le gouvernement a déjà abaissé sa prévision annuelle de 0,9 % à 0,7 %, et certains calculs évoquent un impact pouvant aller jusqu’à 1,4 % du PIB en cas de prolongation des épisodes caniculaires et de sécheresse.
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