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Permis de conduire : ce qui change avec la réforme du financement CPF

Financer son permis de conduire avec le Compte personnel de formation devient plus compliqué depuis cette année. Une réforme resserre nettement les conditions d’accès, avec un objectif assumé : freiner une dépense qui pesait lourd sur le budget global du CPF.

Ce que change concrètement le décret

Depuis le 21 février 2026, le CPF ne peut plus financer librement la préparation du permis B. Le décret n° 2026-127 du 24 février 2026 instaure une double restriction : un plafond de prise en charge fixé à 900 euros, quel que soit le solde disponible sur le compte, et une obligation de cofinancement pour les salariés. Concrètement, un salarié, un travailleur indépendant ou un agent public ne peut plus mobiliser seul son CPF pour payer son permis : il lui faut désormais l’appui financier d’un tiers — le plus souvent son employeur — à hauteur d’au moins 100 euros.

Les demandeurs d'emploi inscrits auprès de France Travail restent, eux, dans une situation plus favorable : ils conservent un accès direct au CPF pour financer leur permis, sans obligation de cofinancement, et peuvent même cumuler cette aide avec un financement complémentaire de France Travail pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros supplémentaires.

Une mesure d’économie budgétaire assumée

Le permis de conduire représentait, avant la réforme, environ 320 millions d’euros de dépenses annuelles sur un budget CPF total de 2,2 milliards d’euros, soit près de 14,5 % de l’enveloppe globale. Un poids jugé disproportionné par les pouvoirs publics au regard de la vocation initiale du dispositif, pensé pour financer des formations qualifiantes plutôt qu’une démarche largement individuelle.

La réforme s’accompagne d’une autre mesure d’économie : la suppression de l’aide forfaitaire de 500 euros que versait France Compétences aux apprentis majeurs pour financer leur permis. Cette suppression doit générer une économie supplémentaire d’environ 36 millions d’euros en 2026.

Quelles solutions pour les salariés concernés ?

Pour les salariés qui ne bénéficient pas d’un cofinancement employeur, plusieurs pistes alternatives restent disponibles : le prêt CPF classique, les aides régionales ou locales spécifiques au permis, ou encore les dispositifs internes de certaines entreprises qui continuent de soutenir la mobilité de leurs équipes. Certains employeurs, notamment dans les secteurs où la mobilité est un enjeu de recrutement, pourraient être incités à formaliser ce type de cofinancement pour continuer à attirer des candidats.

Sur le plan du budget des ménages, cette évolution implique d’anticiper davantage le financement du permis, un poste de dépense qui reste conséquent pour de nombreux jeunes actifs. Le cadre juridique de la réforme, fixé par voie réglementaire, s’inscrit par ailleurs dans une série d’ajustements plus larges touchant le droit de la formation professionnelle depuis l’adoption du budget 2026.

Les auto-écoles, de leur côté, recommandent aux candidats de vérifier leur éligibilité en amont et de solliciter rapidement leur employeur si un cofinancement est envisageable, les délais de traitement des dossiers CPF pouvant s’allonger en période de forte demande.

Questions fréquentes

Un salarié peut-il encore financer son permis à 100 % avec le CPF ?

Non. Depuis le 21 février 2026, un salarié doit obligatoirement bénéficier d’un cofinancement d’au moins 100 euros, le plus souvent apporté par son employeur, pour pouvoir mobiliser son CPF sur le permis B.

Les demandeurs d'emploi sont-ils concernés par cette restriction ?

Non, ils conservent un accès direct au CPF pour financer leur permis, sans obligation de cofinancement, avec en plus la possibilité d’un complément de France Travail.

Pourquoi cette réforme a-t-elle été mise en place ?

Le permis de conduire représentait près de 15 % du budget total du CPF, soit environ 320 millions d’euros par an. Les pouvoirs publics ont voulu recentrer le dispositif sur les formations qualifiantes tout en réalisant des économies budgétaires.

Sources

Clotilde Deuz

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