Malgré une légère amélioration de l’indicateur de confiance des consommateurs, qui a atteint 86 points en juillet 2026 (contre 84 en juin), la France conserve le solde d’intentions de dépenses le plus dégradé d’Europe, à -33 points. Un paradoxe qui s’explique en creusant les derniers chiffres du baromètre 2026 de l’épargne, publié par l’Ifop : les ménages français continuent à mettre de l’argent de côté plutôt qu’à consommer, par prudence face à un contexte économique jugé incertain.
Le taux d’épargne des ménages reste élevé, à 18,7 % du revenu disponible, très au-dessus de la moyenne observée chez la plupart des voisins européens. Selon le baromètre Ifop, 39 % des Français envisagent même d’augmenter encore leur effort d’épargne cette année, contre seulement 20 % qui prévoient de puiser dans leurs réserves — une proportion en recul de 3 points. Le Livret A reste le placement roi, détenu par 86 % des personnes interrogées, loin devant l’assurance-vie (37 %) ou le PEL/CEL (28 %), à l’heure où son taux pourrait évoluer dès le mois d’octobre.
Ce comportement prudent ne relève pas uniquement d’un calcul financier. 84 % des personnes interrogées par l’Ifop expriment des craintes sur la solidité financière du pays, le déficit public et la pérennité des structures de protection sociale, tandis que 56 % reconnaissent que le climat politique et économique a directement influencé leurs arbitrages budgétaires récents. En toile de fond, la dette publique dépasse désormais 117 % du PIB et le déficit commercial a atteint 69 milliards d’euros en 2025, deux chiffres qui nourrissent ce climat de vigilance généralisée.
C’est sur la question des vieux jours que la prudence se fait la plus nette. Si 61 % des retraités actuels estiment vivre convenablement, seuls 40 % des actifs pensent pouvoir en dire autant une fois à la retraite. Résultat : deux tiers des non-retraités épargnent déjà spécifiquement en vue de leurs vieux jours, une tendance de fond qui pousse de plus en plus de ménages à arbitrer leurs achats du quotidien pour sécuriser leur avenir.
Cette prudence budgétaire se traduit très concrètement dans les habitudes de consommation. Après les vêtements de la rentrée scolaire, déjà marquée par l’essor de la seconde main, de nombreux foyers surveillent également de plus près leurs achats en ligne, alors que la nouvelle taxe douanière européenne renchérit les commandes passées sur les plateformes à bas coûts. Autant de signaux qui confirment un même mouvement de fond : consommer moins, mais plus réfléchi, pour continuer à épargner.
Selon le baromètre Ifop 2026 de l’épargne, 84 % des Français craignent pour la solidité financière du pays et 56 % indiquent que le climat économique a influencé leurs choix budgétaires récents, ce qui les pousse à privilégier l’épargne de précaution.
Il s’établit à 18,7 % du revenu disponible, un niveau élevé qui contribue au solde d’intentions de dépenses le plus dégradé d’Europe, à -33 points.
Oui : seuls 40 % des actifs pensent pouvoir vivre convenablement une fois à la retraite, contre 61 % des retraités actuels qui l’affirment aujourd’hui, ce qui pousse deux tiers des non-retraités à épargner spécifiquement pour leurs vieux jours.
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