Fini les pastilles vertes approximatives et les promesses de « neutralité carbone » lancées sans preuve : une nouvelle directive européenne sur le greenwashing publicitaire s’apprête à transformer en profondeur la manière dont les marques communiquent sur l’environnement. Adoptée le 28 février 2024 sous le nom de directive « Empowering Consumers for the Green Transition », elle entrera en application au plus tard le 27 septembre 2026, avec des conséquences directes pour tous les services communication et marketing des entreprises françaises.
Le texte européen insère douze nouvelles pratiques dans la liste noire des pratiques commerciales interdites de la directive 2005/29/CE, dont sept visent spécifiquement les allégations environnementales. Concrètement, une entreprise ne pourra plus afficher un label ou un pictogramme de durabilité sans qu’il s’appuie sur un système de certification vérifié par un organisme tiers indépendant. Les mentions génériques et non étayées, du type « respectueux de l’environnement » ou « éco-responsable », entrent également dans le viseur du texte si elles ne sont pas assorties de preuves vérifiables.
Pour les équipes de communication et marketing, le changement le plus structurant concerne la charge de la preuve : ce n’est plus au consommateur ou à l’autorité de contrôle de démontrer qu’une allégation est trompeuse, mais à l’annonceur de prouver, en amont, que son message est exact.
Les États membres avaient jusqu’au 27 mars 2026 pour transposer la directive dans leur droit national. Un délai que la France, comme dix-neuf autres pays de l’Union, n’a pas respecté : la Commission européenne leur a adressé une mise en demeure le 28 mai 2026. Sur le plan du droit et de la réglementation, l’absence de loi française ne bloque toutefois pas l’échéance : la directive s’appliquera de plein droit à partir du 27 septembre 2026, transposée ou non.
Le socle européen fixé par la directive Omnibus de 2019 impose un plancher de sanction d’au moins 4 % du chiffre d’affaires réalisé dans les États membres concernés. La France, elle, maintient un plafond national plus élevé, fixé à 10 % du chiffre d’affaires pour les pratiques commerciales trompeuses. De quoi inciter les entreprises à revoir sans attendre leurs argumentaires liés à l’écologie et au climat : selon un bilan communiqué par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), près de 96,5 % des projets publicitaires à caractère environnemental soumis en 2025 avaient déjà dû être modifiés avant diffusion pour être jugés conformes.
Pour les directions marketing, l’enjeu dépasse la simple conformité juridique : les campagnes construites sur des promesses vertes non documentées devront être revues, testées et sourcées bien avant l’échéance de septembre, sous peine de devoir les retirer dans l’urgence.
Au plus tard le 27 septembre 2026, que la loi française de transposition soit votée ou non d’ici là, puisque la Commission européenne a déjà mis en demeure la France pour son retard.
Les allégations de neutralité carbone non prouvées, les labels de durabilité sans certification indépendante et les formulations environnementales génériques non étayées par des preuves vérifiables.
Un plancher européen d’au moins 4 % du chiffre d’affaires réalisé dans les pays concernés, la France appliquant pour sa part un plafond national pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires.
Commission européenne — FAQ Empowering Consumers for the Green Transition
KPMG Avocats — Transposition de la directive Empowering Consumers
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