Les États-Unis sanctionnent la Turquie pour l’achat de missiles russes S-400

Washington a annoncé lundi des sanctions contre la Turquie pour son acquisition du système de défense aérienne russe S-400, interdisant tout nouveau permis d’exportation d’armes à l’agence gouvernementale turque en charge des achats d’armement.

Après des mois d’atermoiements, les États-Unis ont annoncé, lundi 14 décembre, des sanctions contre la Turquie pour avoir fait l’acquisition du système de défense aérienne russe S-400, tout en laissant la porte ouverte au dialogue avec Ankara. Washington interdit désormais l’attribution de tout nouveau permis d’exportation d’armes à l’agence gouvernementale turque en charge des achats d’armement, le SSB, et interdit le territoire américain à ses dirigeants, a annoncé le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo.

« Les mesures prises aujourd’hui signalent clairement que les États-Unis (…) ne tolèreront pas de transactions significatives avec les secteurs russes de la défense et du renseignement », a précisé le secrétaire d’État dans un communiqué. Washington a invoqué une loi de 2017 dite « contrer les adversaires de l’Amérique à travers les sanctions » (Caatsa), qui prévoit notamment des sanctions automatiques dès lors qu’un pays conclut une « transaction significative » avec le secteur de l’armement russe.

La menace de sanctions américaines planait sur la Turquie depuis qu’elle a pris livraison de ces missiles l’an dernier, mais le président Donald Trump, qui entretient de bons rapports personnels avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, s’était abstenu jusqu’ici de les déclencher. Mais le Congrès a approuvé, vendredi, à une large majorité la loi de financement du Pentagone qui contient une mesure donnant 30 jours à l’exécutif pour sanctionner Ankara pour les S-400, des missiles incompatibles avec les systèmes de l’Otan dont la Turquie est membre.

Le président turc avait pris les devants en affirmant vendredi que des sanctions américaines contre son pays seraient « un manque de respect de la part des États-Unis envers son allié très important au sein de l’Otan ».

« Les États-Unis avaient clairement fait savoir à la Turquie, aux plus hauts niveaux et à de multiples reprises, que l’achat des systèmes S-400 représenterait un danger pour la sécurité des technologies et du personnel militaires américains et qu’il apporterait des fonds importants au secteur russe de la Défense tout en lui donnant accès aux forces armées et à l’industrie de Défense de la Turquie », a souligné Mike Pompeo. « La Turquie a pourtant décidé de procéder à l’achat des S-400 et de les tester, bien qu’il existe des alternatives compatibles avec les systèmes de l’Otan pour répondre à ses besoins de défense ».

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