Et si l’Europe pouvait un jour faire tourner un supercalculateur et un ordinateur quantique sur la même machine, sans dépendre des géants américains ou chinois ? C’est l’ambition affichée par SiPearl et Quobly, deux entreprises françaises des semi-conducteurs, qui viennent de signer un partenariat pour explorer l’intégration de leurs technologies respectives au service d’un calcul quantique souverain.
L’accord, signé début octobre, associe deux mondes qui avançaient jusqu’ici chacun de leur côté : les processeurs classiques à très haute performance et les toutes jeunes puces quantiques.
Qui sont SiPearl et Quobly ?
SiPearl développe le Rhea1, un processeur à 80 cœurs d’architecture ARM destiné aux supercalculateurs européens. Sa commercialisation est attendue fin 2026, avec un objectif ambitieux : équiper JUPITER, le premier supercalculateur européen capable de dépasser le milliard de milliards d’opérations par seconde. De son côté, Quobly, basée à Grenoble, conçoit des qubits de spin en silicium, une technologie quantique qui s’appuie sur les mêmes procédés de fabrication que l’électronique classique, et qu’elle regroupe sous le nom Alloy.
Ce que prévoit le partenariat
Dans un premier temps, les deux entreprises veulent simplement vérifier que leurs systèmes peuvent fonctionner ensemble : connecter le serveur de référence de SiPearl, baptisé Seine et construit autour du Rhea1, à la pile de contrôle quantique et à l’électronique cryogénique de Quobly. L’objectif est de créer une architecture de calcul hybride, où le processeur classique gère les tâches courantes tandis que le processeur quantique s’attaque aux problèmes jugés aujourd’hui hors de portée.
- Un processeur classique (Rhea1, 80 cœurs ARM) et un processeur quantique (Alloy, qubits de spin) à faire dialoguer
- Une première phase technique centrée sur l’intégration matérielle et logicielle
- Une réponse commune visée aux appels d’offres européens, notamment ceux liés aux puces quantiques
- Un calendrier calé sur la commercialisation du Rhea1, prévue fin 2026
Pourquoi la question de la souveraineté revient sans cesse
Le mot d’ordre de cette alliance est la souveraineté technologique : concevoir, produire et contrôler ces briques essentielles sur le sol européen, sans dépendre des fournisseurs américains ou asiatiques qui dominent aujourd’hui le calcul quantique comme les semi-conducteurs. Cette préoccupation n’est pas isolée : elle rejoint celle qui a motivé, il y a quelques semaines, l’accord entre Mistral AI et Microsoft autour de la souveraineté numérique européenne, ou encore les investissements massifs que l’Europe consacre à l’intelligence artificielle pour ne pas décrocher face aux États-Unis et à la Chine.
Des applications encore à construire
Le calcul quantique promet de résoudre des problèmes que les ordinateurs classiques ne peuvent pas traiter en un temps raisonnable, comme la simulation de molécules complexes ou l’optimisation de très grands systèmes. Mais la technologie reste expérimentale, et personne ne sait encore précisément quand ces promesses deviendront des usages concrets. En attendant, d’autres applications de l’intelligence artificielle progressent déjà sur des terrains plus familiers, comme le montre l’amélioration des prévisions météo grâce à l’IA de Google. De ce point de vue, le pari de SiPearl et Quobly s’inscrit dans un temps plus long, celui de la recherche appliquée plutôt que du produit immédiatement disponible.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un calcul quantique souverain ?
C’est un système de calcul quantique entièrement conçu, fabriqué et contrôlé en Europe, sans dépendre de technologies ou de composants venus des États-Unis ou d’Asie.
Quand ce système sera-t-il opérationnel ?
Aucune date précise n’est annoncée pour une mise en service complète. La première phase vise seulement à valider la faisabilité technique de l’intégration, en lien avec la commercialisation du processeur Rhea1 prévue fin 2026.
En quoi ce projet diffère-t-il de l’intelligence artificielle classique ?
Le calcul quantique repose sur des principes physiques différents (les qubits) et vise des problèmes que les ordinateurs classiques, même dotés d’IA, ne peuvent pas résoudre efficacement, comme certaines simulations scientifiques complexes.
Pour suivre les grands enjeux science et technologie et comprendre les ressorts de la transformation numérique en cours, ce partenariat franco-français mérite d’être suivi dans la durée, tout comme les autres initiatives de souveraineté technologique annoncées cette année en Europe.
Sources
L’Usine Digitale —
Zonebourse —
Quantum Computing Report
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
